L’histoire originale du Jet d’eau
L’histoire originale du Jet d’eau
Regards sur la ville. Cet été, nous vous proposons d’explorer la ville à travers les œuvres des peintres. Aujourd’hui, la cathédrale Saint-Julien et l’escalier du Jet d’eau, par Denis Darcy.
Le dessin de Denis Darcy (1823-1904) montre une vue qui n’a pas changé. Nous sommes en 1855, Darcy est architecte-voyer du Mans. Il sera ensuite architecte des Monuments historiques. Il est chargé de la restauration de Notre-Dame-de-la-Couture, de Notre-Dame-du-Pré et de l’église de la Visitation, pour laquelle il dessine l’escalier frontal. Après avoir quitté la ville en 1860, il continue à travailler dans la Sarthe, où il restaurera l’église Notre-Dame-des-Marais à La Ferté-Bernard (1863), puis le château du Lude (1865).
Une double nécessité
L’escalier du Jet d’eau répond à la double nécessité de dégager la cathédrale des bâtiments qui en cachent la vue et de relier la place des Jacobins à la ville haute. Des travaux sont entrepris à partir de 1846. La maison canoniale Saint-Bertrand est abattue et un escalier est projeté à son emplacement. C’est Jean-Baptiste Lassus (1807-1857), nommé architecte diocésain de Chartres et du Mans en 1848, brillant élève de Viollet-le-Duc et lui-aussi restaurateur de monuments de renom, qui reprend le projet. Entre 1852 et 1854, il construit le double escalier, orné d’une fontaine, dans un style gothique, inspiré de la balustrade du chœur de la cathédrale.
Style néogothique
Réalisée dans les fonderies de Saint-Pavin, la fontaine a été inaugurée le jour de l’arrivée du tout premier train au Mans. C’était en 1854, comme en témoigne la phrase inscrite sous la vasque supérieure : « L’an 1854, sous le règne de Napoléon empereur des Français, cet escalier et cette fontaine ont été élevés aux frais de l’État, du Département et de la ville. M. Pron, préfet, Monseigneur l’évêque et M. Surmont. » Rénovée en 2019, la fontaine est maintenant ornée de jeux de lumières.
Darcy choisit de reléguer hors du cadre, le chevet de la cathédrale et prend pour sujet l’escalier. « Montrant l’intégration harmonieuse de l’escalier dans le paysage urbain, il défend ainsi le choix du néogothique, qui n’a rien d’évident à cette date : la restauration de Notre-Dame de Paris a commencé seulement en 1845 et la construction de Saint-Nicolas de Nantes, première église néogothique de France, en 1844 », mentionnent les Musées du Mans. Ces deux chantiers ont eux aussi été portés par Lassus (le premier en collaboration avec Viollet-le-Duc), qui fut le véritable promoteur du néogothique en France. Sa mort prématurée à l’âge de 50 ans, l’a empêché de laisser un héritage aussi important que son éminent collègue.
On remarque, au sommet de la tour sud de la cathédrale, la flèche en bronze agrémentée de quatre clochetons, qui fut coulée en 1836 à la forge d’Antoigné, afin de remplacer l’ancienne flèche en pierre, endommagée par la foudre en 1822. Vétuste ce dernier couronnement fut démonté en 1924.
Photo 2 la tour avec les clochetons
Extraits du journal Ouest-France du 1er septembre 2023
Date de dernière mise à jour : 03/04/2025